Pourquoi je n’ai pas voté ?


Nous devrions confier les responsabilités du pouvoir uniquement à celles qui sont réticentes à l’idée de le détenir, et encore dans des conditions propres à accroître cette réticence.

  • La Maison des Mères (1979), Frank Herbert (trad. Guy Abadia), éd. Robert Laffont, coll. « Presses Pocket », 1986 (ISBN 2-221-04912-8), p. 211

Oui, je sais.

– «  Ils sont morts pour que je puisse voter. »

– « C’est pas un droit, c’est un devoir. »

– « Si tu ne vas pas voter, c’est la dictature qui passera. »

Et j’en passe…

Ce n’est pas le fait que je ne suis plus assujetti par les média de masse écrits ou radio-diffusés qui a motivé ma décision.
La seule chose que cela aurait changé, c’est que j’aurai été d’encore plus mauvaise humeur que maintenant.

Ce n’est pas non plus le fait que je sois un peu plus instruit ou cultivé que la moyenne.
Je suis juste curieux et je sais lire (en anglais, c’est encore mieux). Toute personne qui a envie et qui n’est pas handicapé peut faire la même chose.

Ce n’est pas parce que je suis fainéant.
Oui, je le suis mais pas au point de ne pas faire cinq cent mètres et prendre l’air au passage.

Ce n’est pas parce que je suis un asocial qui se cache derrière son écran.
J’ai un métier en contact direct avec « l’humain » et je suis plutôt bon camarade.

Non, tout cela n’est rien face à ce qui me repousse le plus face à tout ce fatras inutile, toutes ces salamalecs d’abandon de sa conscience à un messie temporaire.

Le système politique mondial est juste à bout de souffle depuis maintenant vingt ans.

Aujourd’hui, ce n’est que l’effondrement du système partisan qui vient d’apparaître. Ne pensez pas que c’est un seul homme ou un parti qui n’a pas un an d’existence qui saura vous sauver de vos maux, vos impôts, votre chômage, votre assistanat, votre sécurité ou tout autre chose que vous pensez nécessaire à transformer, garder ou créer.

Le système est toujours le même. Et ce n’est pas l’autre parti qui l’aurait changé. Ou à peine quelques amendements à la constitution, histoire d’en supprimer le droit de grève, par exemple.

Des « votables », le seul parti ou politique qui ait à peu de chose près compris les enjeux de la politique actuelle aurait été Mélanchon et ses insoumis.
Mais là encore, les vieux réflexes de parti sont là et avec eux les choix politico-politiciens où on se tire dans les pattes pour savoir qui aura le pouvoir.

Dans le constat, et surtout en France avec la Ve République et maintenant la présidentialisation du gouvernement, il s’agit non pas de désigner un représentant du peuple qui vote (et pas de tous les citoyens, notez le déjà) mais d’élire un roi de droit « populaire » qui utilisera à sa guise le pouvoir et les ors de la République.

Comme je l’ai mis dans la citation qui ouvre ce billet, je ne crois plus aux élections maintenant que j’y ai réfléchi.
Trouver quelqu’un qui ne veut pas du pouvoir dans des conditions qui ferait qu’il en voudrait encore moins me semble la première et la bonne défense contre les abus en tout genre.

Et là, cette compétition qu’est l’élection est tout simplement l’inverse de ce premier bon sens.
De ceux qui se présentent, par définition, il n’y en a pas qui y vont à reculons ou qui montrent une humilité de service telle qu’on peut la demander à tout employé de n’importe quel patron.

Parce que c’est bien la même candidature à un emploi (échange travail/salaire) que nous sommes en train de conclure avec des bulletins de vote.
Si on veut filer la métaphore capitaliste, tout citoyen fait parti du conseil d’administration de l’entreprise France et vote pour nommer un directeur général appelé Président.
Bon, ce serai plus le premier ministre qui jouerai ce rôle de DG, mais vous voyez où je veux en venir (tiens, d’ailleurs, je sens comme un bug, là).

Le minimum au niveau de la qualité, ce serait de mettre en place un système de gestion de la qualité de la gouvernance de la France pour que nous puissions arriver à des résultats tangibles pour tous.

Mais aucun des candidats présents, même au premier tour a eu cette proposition. En même temps, quand on a pour culture de piquer dans la caisse ou d’utiliser les outils de l’usine à des fins personnelles, on ne va pas mettre des mesures anti-vol.

Donc, d’origine, si on veut combattre le système, il faut le remettre à zéro et s’assurer que ce ne sont pas ceux qui le monopolise déjà qui auront encore une fois un quelconque monopole ou un quelconque pouvoir.
Hélas, pour moi, le système s’est trop protégé pour être transformable de l’intérieur. Donc, plus la peine de voter et de justifier cet état de fait.

Mais pour ne pas être totalement négatif sur cette dernière élection présidentielle à laquelle je voterai ne serait-ce qu’une fois (à moins d’un miracle), je note la sortie du bois du mouvement porté par Alexandre Jardin qu’est la maison des citoyens.

J’aurai aimé voir cette candidature arriver sur le devant de la scène et arrivée par un concept apartisan de doocratie/faisocratie (à deux doigts de la belle anarchie autogérée) arriver à mettre un peu de ces innovations et améliorations que je souhaite voir un peu partout et peut-être particulièrement chez moi. Qu’enfin la roue de Deming1  sociale et donc politique se mette en route.

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