Plus c’est gros plus ils croient que ça passe.


Il est des journées bizarres.

De nos jours, nous semblons vivre une réelle dichotomie de la
société. D’un côté nous avons les citoyens et de l’autre les
dirigeants. Cette séparation entre la plèbe et les siègeants n’est pas
nouvelle en soi. Que ce soit de l’idée de la lutte des classe ou même de
la différence entre un citoyen grec et un esclave ou un barbare, depuis
que le savoir faire est accompagné du savoir faire-faire, nous assistons à
l’exploitation des créateurs de richesses par les créateurs de marges
financières.
Mais aujourd’hui, ces deux mondes semblent réellement non seulement en
conflict, mais aussi il semble qu’à moyen terme (entre 10 et 20 ans) la
démocratie semblera être non seulement réelle mais aussi globale.

Il ne vous a pas échappé en regardant vos informations télévisées que
se déroule en ce moment un forum international consacré à Internet,
l’eG8. Y sont invités les tous les « acteurs de l’Internet » et les dirigeants
politiques de tous les pays (enfin, surtout la France). Enfin, « tous » les
acteurs, en tout cas, tous ceux auquel a pu penser NotrePrésident
(Grosland, quand tu nous tiens), qui s’est clairement pris les pieds
dans son discourt qui martelait à la fois la nécessité de laisser le net
neutre et de le « civiliser ».
S’il fallait ne pas employer une expression, c’était bien celle-là. Je
ne sais pas pour vous, mais j’ai comme un relent de banane qui me vient
entre les narines à chaque fois que j’entend parler de la volonté de
civiliser un pays, un peuple, un continent ou même un moyen de
communication public. Mais passons sur cette impression.

Revenons plutôt au fait que de tous les acteurs d’Internet, le plus
important à mes yeux n’était lui même que réellement
sous-représenté.
Le peuple lui-même n’a eu ses intérêts défendus que par deux seules
personnes dont une seule a été invitée à « débatre » : L’inoxydable Jérémy Zimmermann et John Perry Barlow, fondateur de l’Electronic Frontier Foundation et parolier des Greatfull Deads. Du côté des images et du son, Korben nous a fait un digest qui a le mérite d’être clair.
Deux petites interventions dans tout un discours à tête multiple de
publicité (décors sponsorisé à la Hollywood) et de complaintes sur la
perte du modèle de l’économie de rareté qu’il faut artificiellement
continuer à soutenir et à défendre contre le partage et donc la
culture.

À cette mascarade, il faut bien se rendre compte que la véritable
nature d’Internet n’est pas dans cette gesticulation communiquante et
hors de prix supplémentaire de NotrePrésident, mais elle se trouve
aujourd’hui sur les places publiques d’Espagne comme elle l’a été en
Tunisie ou en Egypte, comme elle aimerait bien l’être en Lybie, en Iran,
en Syrie au Maroc, en Algérie, au Yemen, en Chine ou à Brunei (et j’en
passe) et comme elle commence en France.

Vous n’y avez peut être pas prété plus d’attention dans votre journal
télévisé, si jamais il en a parlé 30 secondes, mais un mouvement
réellement démocratique (@democraciarealya) est en train de fleurir sur
les pavés espagnols.

Non seulement quasiment responsable de la déculottée du PSOE aux
régionnales qui ont eu lieu ce week-end, ces indignés s’organisent
brillamment, pacifiquement, apolitiquement et démocratiquement. La leçon
en un seul mouvement que le pouvoir ne se conquiert ou ne se prend pas
mais qu’il demeure dans les mains du peuple même si à un instant donné,
ce peuple se fait représenter par un groupe ou un simple individu.

Internet permet aujourd’hui de donner les cultures écrites,
orales et visuelles à tous les individus. Oui, donner. Pas vendre, pas
dispenser, pas monnayer.
Cela n’empêche en rien la possibilité de vendre de l’aide, des supports
physiques ou de l’adaptation des connaissances au besoins réels. Cela
permet d’ailleurs plutôt de créer du travail à défaut peut-être de créer
de l’emploi. Mais c’est une autre histoire.
Ces cultures disponibles à tous font que pour peu qu’on ait apris à lire
et à utiliser un ordinateur, on peut prendre le temps d’enrichir son
être pour à son tour ajouter une pièce personnelle à l’édifice en
perpétuel mouvement qu’est la vie.

L’adaptation est la clef de toute évolution. La meilleure façon de
s’adapter est de ne pas être trop rigide dans sa forme. De là, nous
voyons la rigidité temporelle que peut avoir la représentation
démocratique. Cinq ans sans que le peuple puisse donner un avis direct
sur les projets, les lois, les jugements faits en son nom, c’est bien
trop long. D’autre part, nous voyons en Belgique qu’un pays sans
gouvernement – que certains voudraient symboliser comme étant la tête du
pays – ne conduit pas à un chaos sans nom. Les affaires courantes et les
pouvoirs locaus sont suffisemment importantes pour permettre une
organisation viable.

Le peuple reprend aujourd’hui son pouvoir et se rebiffe contre ceux
qui ont abusés volontairement ou non de ce qui leur avait été confié. De
l’adaptabilité, les strucures les plus horizontales en ont à
revendre. La décentralisation n’est pas seulement le retrait de l’État
dans les affaires locales, il doit aller jusqu’au citoyen qui – éduqué
et réfléchi – a le pouvoir de décider de sa vie et des orientations de
celle-ci. Seul le consensus local et l’encouragement de la création
libre sont à même d’être suffisemment flexibles pour répondre aux
avancées qui nous attendent avec les prochaines micro-usines à taille
individuelles ou les créations de monnaies hors circuit bancaire et
étatiques. Internet n’a pas fini de faire des émules dans
l’internationalisation et l’auto-détermination.

Le sens de l’histoire n’est jamais globalement allé vers moins de
Liberté.

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