Bidouille, DIY et gratification personnelle


En ces temps de crise (bien qu’on nous en répète que c’est la sortie), on revient vite aux fondamentaux. Mais aujourd’hui, chasser et cueillir ne nourrit plus vraiment son homme et encore moins sa famille quand ça ne vous conduit pas devant les tribunaux pour avoir glané sur un terrain qui a un propriétaire. Quand bien même soyons nous dans une telle panade que nous devions en passer par là que nous ne pourrions plus le faire par manque d’apprentissage. Ce n’est pas pour rien que les démunis meurent en aout non seulement d’insolation mais aussi de mal-nutrition car les personnes qui pallient dans les associations aux manquement élémentaires des divers gouvernements en France et ailleurs partent aussi en vacances en Aout.

Bref, sensibilisé à la mode GNU et par l’ascétisme zen du chômage de longue durée, je me suis rendu compte que nous utilisions et que nous créions de moins en moins pour nous même des éléments de notre environnement de nos propres mains. Les révolutions industrielles et technologiques sont bien passées par là pour aboutir à cette société de consommation si confortable (pour qui peut consommer) qui nous entoure aujourd’hui dans nos démocraties pantouflardes dites développées.

Mais je ne désespère pas de voir les choses revenir à des proportions raisonnables ou simplement humaines par les idées qui courent le long de l’air du temps.
Bien-sûr, nous avons toujours nos intégristes dès qu’une idée ou un mode de fonctionnement peut être formulé ou théorisé.
Les libéraux sont aux manettes en France et détruisent méticuleusement ce que le conseil de la résistance a pu construire dans un pays en ruine pour l’avenir du peuple. C’est une idée comme une autre.
Mais sans aller du côté des décroissants les plus extrêmes, il est notable que le fait main est de retour depuis un petit moment.
Le tricot, le bricolage, les ventes de yahoutières qui décollent, les cours de cuisines qui fleurissent et toutes ces choses qu’on apprend avec les mains sont de plus en plus présentes.
Elles le sont encore bien moins qu’avant les années typiquement fric et chic qu’ont été les 80’s, les années des 30 glorieuses ou même la taylorisation.

Aujourd’hui, donc le Do It Yourself est de retour non seulement comme mode, mais aussi en écho à l’utilisation massive des moyens de communication et de publications actuels. Je ne parlerai pas de nouveaux moyens ou de moyens modernes, Internet est bien trop vieux pour parler encore de nouveauté ou de modernité.
Des nouvelles que je peux récolter sur les différentes personnes que je peux rencontrer personnellement ou virtuellement, il me semble que de plus en plus de personnes font elles-même quelque chose pour elles.

Tout comme elles, j’ai expérimenté que le fait de faire soi-même et réparer apportaient non seulement une conservation de l’utilisation de l’objet, mais en plus une satisfaction personnelle.
J’en suis arrivé à comprendre mon père qui bricolait tant et plus à nous faire des barbecues, des coffres et jusqu’à une deuxième maison pour les vieux jours de sa belle-mère (bon, pas le gros œuvre quand même).

Mais quel que soit le caractère imposant de nos productions, il arrive des mouvements de personnes qui se fédèrent autour de la philosophie qu’à initié le logiciel libre. Ouvrir le code, les spécifications ou les plans d’un outil ou  d’un  objet permettent de l’étudier. De là, nous arrivons vite à la bière libre, à la cuisine libre, aux hackable devices ou jusqu’à inventer l’ordinateur à $100 et ses logiciels qui permettront d’apprendre à tous les enfants les bases d’une éducation minimale (OLPC).
Il existe aussi une communauté internationale des « réparateurs » qui, avec leur manifeste, ont pour crédo  » On peut tout réparer ». Tous ces gens ont eu à bidouiller quelque chose, à la hacker au sens noble du terme.
On en revient finalement à la base de l’apprentissage où pour savoir, il faut expérimenter soi-même et pour comprendre, il faut faire varier un paramètre pour savoir pourquoi il faut telle quantité de tel ingrédient pour qu’il soit agréable dans le mélange.

Cette liberté est de moins en moins autorisée dans la société de consommation, que ce soit par l’obsolescence programmée ou par les conditions de garanties ou d’assurance produit. Il nous est interdit de changer nous même nos batteries d’iPhone ou de signaler à l’ordinateur de bord de nos voiture que nous venons de faire la vidange à la main avec amour. Tous ces petits détails qui font que ce que vous achetez est de moins en moins à vous bien que vous l’ayez payé et ce même cher.

À nous maintenant de réfléchir si nous voulons offrir une part de nous dans un objet que nous avons fait (au moins le dernier assemblage) ou si nous consommons tant et plus pour les autres. Certains ont déjà commencé. (À voir ou )
Pour finir sur une note économique, que croyez-vous qui ait le plus de coûts de production ? Un pull fait par vous (ou toute autre personne qui tricote dans votre entourage) avec un patron qui sera adapté aux mesures prises ou un même pull fait des mêmes matières industriellement en taille unique ?

Apprenons à nouveau à nous servir de nos mains et de nos têtes.😉

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