L’escroquerie de la garantie ou la consommation de la peur

À chaque achat quelque peu technologique, un vendeur vient devant nous pour nous proposer une extension de garantie très juteuse pour le magasin et donc très bien commissionnée à la vente. Pour ça, à moins que vous n’ayez vous même une utilisation hors norme d’un appareil particulier (lave linge pour une famille très nombreuse qui tournera au moins une fois par jour, 7j/7), vous n’avez aucun besoin de cette extension.

Mais à quoi sert donc aussi la première garantie, au fait ? Quand on sait que tout produit de consommation est aujourd’hui calibré pour qu’au bout d’une durée ou d’un nombre d’utilisations données, celui-ci finisse par se déterriorer suffisemment pour qu’il soit plus rentable pour le client de racheter un produit neuf plutôt que de le réparer. Je vous laisse vous procurer par vos sources habituelles le très bon documentaire “Prêt à jeter” passé en 2011 sur Arte pour la France et l’Allemagne.

Mais tout comme il est certain que ces produits ne seront qu’exceptionnellement réparables dans leur condition d’origine, il est tout aussi nécessaire aux fabriquants d’assurer une qualité de service rendu par leur produit. Il ne suffit pas de faire des choses qui soient périssables, il faut aussi qu’on ne s’en plaigne pas avant. Ce serait dommage de voir un client mécontent ne pas racheter le même produit.

Donc, si les constructeurs veulent avoir un produit qui s’arrête à une durée de vie donnée, il faut nécessairement qu’il marche pendant ce même temps. De ce fait, la garantie passe du fait d’assumer les erreurs de production ou de conception à un service de réponse à la peur du retour du besoin que le produit a lui même créé. En changeant cet état d’esprit où le producteur doit un produit fiable au consommateur pour qu’il revienne, vers un autre ou lui ou le commerçant se pose en sauveteur, ils vont ensuite pouvoir passer à la phase suivante.

Cette phase est tout simplement la prolétarisation du consommateur où celui-ci n’a plus à connaître les rouages de ses appareils pour croire qu’il sait l’utiliser. Ainsi à l’abri de la soif de connaissance grâce à la peur de perdre une garantie toute virtuelle, les constructeurs peuvent tout à fait fermer complètement le consommateur et ne pas lui laisser la pleine et entière propriété de ce qu’ils ont acheté. Si on prend le cas d’Apple, le congrès américain a dû statuer que iTunes ne doit pas être le seul appstore sur iOS.

Mais quelle serait alors la meilleure façon de faire pour pouvoir être à la fois tranquille et d’avoir la pleine et entière possession des biens qu’on achète ? À mon point de vue, seule la pratique et la connaissance peuvent être les réponses justes à cet enfermement technologique. Et ça ne sera pas non plus la mort de la technologie. À moins qu’on ait vu disparaître les garagistes aux temps où il était possible de faire sa vidange soi-même sur sa propre voiture. Loin de tuer des emplois, laisser les personnes utiliser et même casser le cas échéant leurs propriétés va créer tout un écosystème de petits dépanneurs professionnels vers lesquels se tourneront les gens qui n’ont pas le temps ou qui voudront savoir vite de qu’il faut faire au cas où on recommencerait.

Pour ce qui est de la téléphonie mobile, le marché est déjà bien trop enfermé pour qu’une solution libre se développe, tout comme cela a été le cas pour le PC familial. Il y aura forcément des adeptes, mais tout comme les utilisateurs de GNU/linux, il ne dépasseront pas le 1%. Mais j’ai comme l’impression que les personnes se rendent de plus en plus compte qu’ils ne peuvent plus faire leur vidange ou réparer les choses qu’ils aiment. Le mouvement Do It Yourself et le hackage en général sont en train, grâce à la crise et au fait qu’il n’y a plus d’argent pour consommer sont en plein essor.

Je finirai sur cette note positive qui m’a été donnée par Mozilla et le projet Hackasaurus. Ce dernier est là pour apprendre aux plus jeunes d’entre nous (mais pas forcément seulement) que le web n’est pas quelque chose devant lequel il faut rester passif, mais qu’il y a plein de choses à faire avec un code qui est normalement (qui respecte les normes) ouvert et modifiable.

Alors, à nous de hacker non seulement le web, mais aussi tout le reste.

La disparition du fichier ou le cache moteur

Mais où est mon fichier ?

CC BY Lokas Software

Je ne ferai pas ici le travail de Thierry Stœhr qui nous démontre si bien sur son site FOo que fait de mettre ses données dans des formats de fichiers (ou d’autre chose) fermés nous retombera finalement sur le porte-monnaie le jour du changement de version de la seule interface qui en permet la lecture. Si vous voulez lire une petite histoire à ce sujet, je vous conseille de dévorer le recueil de nouvelles d’ “Églantine et les ouinedoziens” et particulièrement l’épisode 19 qui parle directement de ce cas de figure où le logiciel n’existe plus du tout.

Non, point ici de discussion intéressante sur l’ouverture des fichiers, mais bien une petite mise au point sur la disparition progressive des fichiers dans l’utilisation de l’informatique par le consommateur moyen.

Commençons par remonter une dizaine d’années en arrière. Déjà à l’époque, l’explorateur de Windows XP nous supprimait par défaut les extensions des fichiers dont il connaissait une application pour le lire. Ce qui nous faisait déjà prendre des jpegs pour des pngs, pour peu qu’on y connaisse rien entre les différents formats de fichiers images. Là, pour qui savait et qui avait besoin de reconnaître ses différents types de fichiers, une simple option permettait de retrouver ses .txt, .odt, ou autre. Je suppose (je ne pratique plus windows depuis un petit moment) que c’est toujours le cas sous Seven.

Dès lors, de plus en plus de programmes et d’applications se proposent de “ranger” vos fichiers à votre place. Que ce soit d’ailleurs dans les logiciels privateurs ou dans les libres, on vous propose de gérer pour vous vos “importations d’images” pour vos appareils photos, de synchroniser vos contacts ou de gérer vos musiques. Vous avez remarqué déjà cette disparition ? Images, contacts, musiques, documents, … . Pas une seule notion de fichier dans les services rendus. On a oublié le contenant pour concentrer la sémantique sur le contenu.

Depuis bien longtemps, la fonction de bibliothèque de titres peuple les lecteurs multimédia, Windows Media Player en tête. Il vous proposait à l’époque de la version 10 (voire même avant) d’organiser tout votre dossier “Mes Musiques”, ce qu’il faisait fort bien (pour peu que les tags des fichiers mp3 soient bien renseignés au bon format). Aujourd’hui, iTune va pousser la discipline non plus à gérer vos fichiers dans un dossier “Mes musiques”, mais à utiliser son propre répertoire comme bibliothèque. Trouver ses fichiers pour en faire une copie privée (au hasard) pour se prémunir de l’obsolescence programmée de son disque dur revient à peut de chose près à aller chercher quelque chose là où il ne devrait pas être. En effet, si on a créé des dossiers musiques ou vidéos dans le dossier spécifiques aux profils, c’est pas pour les retrouver autre part. Cacher ces fichiers de musique (entre autre) que vous avez pourtant achetés avec une interface revient à vous rendre dépendant de cette même interface. Ainsi, insidieusement, on vous prépare à l’existence d’un droit de lecture que vous serez tenus de payer à chaque fois que vous voudrez écouter un titre, lire un livre ou regarder un film. Et là, c’est pas moi qui vous le dit, mais l’inénarrable Christine Albanel, unique inspiratrice du Firewall OpenOffice et grande prêtresse de la communication d’Orange dans une émission de France Culture.

Voila, le but est clairement dévoilé et cette disparition du fichier est clairement une bonne phase de préparation pour vous faire oublier le flacon afin de vous faire payer l’usage plusieurs fois alors qu’ils sont clairement indissociables.
La forme qui arrive en force est ce qu’on nomme “Cloud Computing”, “Software as a Service” (SaaS) ou encore en bon français traduit mot à mot, “L’informatique dans les nuages”. Dans cette informatique, il n’y a pas moins de fichiers, pas moins de tranquillité et surtout pas plus de nuage que dans l’informatique personnelle. Tous vos contenus et donc les fichiers (ou les bases de données) qui les contiennent ne se trouvent pas sur Internet et pas plus dans le “Nuage” mais bien sur une machine qui appartient à une entreprise qui vous fera payer votre stockage en plus de vendre votre temps de cerveau disponible super ciblé.

On voit bien aujourd’hui que les programmes de l’éducation nationale sont bien en dehors de la réalité des usages et des techniques en ce qui concerne l’informatique. Au lieu d’apprendre à utiliser un logiciel qui sera de toute façon obsolète à la sortie de l’école, il serait plus qu’intéressant de faire comprendre à nos chère têtes blondes (mais aussi à nos chère têtes blanches) que le fichier, c’est ce qu’il faut maîtriser pour commencer à pouvoir faire de l’informatique réellement.
J’ai comme l’impression qu’on ne peut même plus laisser l’excuse de l’ignorance (si l’ignorance peut encore excuser quelque chose) aux personnes en charge de la conception des programmes scolaires. On ne peut plus de nos jours ne pas avoir la conscience que l’informatique et les nouvelles technologies de communication sont devenues des pierres angulaires de la vie moderne. Et réserver cette matière à part entière à une infime partie des bacheliers (et encore en option) est clairement asservissant.

Conclusion : il faut aller dans le sens du consommateur si on veut l’emprisonner. On se doit d’éduquer les citoyens pour les libérer et ainsi permettre une vraie démocratie.

Emacs et la correction orthographique en français.

Tout d’abord, précisons les choses. C’est GNU Emacs et je suis sous Ubuntu/Xubuntu/Lubuntu 11.10. Je n’ai pas encore les notions pour faire du Emacs sous Windows, même si sur ma Framakey se trouve une version d’Emacs portable.

Je précise tout ça car comme tout bon utilisateur, je vais prendre la façon la moins contraignante pour moi. Je ne vais donc pas refaire le travail qu’un coup de commande automagique make pourrait faire. Et pour couronner le tout, je n’utiliserai même pas cette commande.

Pour commencer, j’utilise désormais Aspell dans Emacs. Pour ça, il faut simplement mettre cette ligne dans votre .emacs :

(setq-default ispell-program-name "aspell")

Si vous utilisez Ubuntu ou ses dérivés, Aspell fait parti des programmes de base. Je suppose même que les distributions issues de Debian sont dans le même cas. En tout cas, la solution simple de mise au dictionnaire français passe par le paquet debian aspell-fr. Donc, vous aurez compris qu’il faudra passer par votre installateur de paquet préféré. Pour ma part, c’est apt-get. Ce qui nous donne un

sudo apt-get install aspell-fr

à mettre dans votre terminal. Avec ça, vous êtes parés pour faire toutes vos notes, vos textes et autres exposés tranquillement en français.

M-x ispell

et hop ! Votre buffer passe à la moulinette orthographique sans aucune pitié. Et si vous regrettez les petites vagues rouges de votre traitement de texte favori, n’hésitez pas à passer en flyspell-mode (M-x flyspell). Et là au fur et à mesure de vos passages vous voyez votre texte s’illuminer de couleurs sur les mots qui ne sont pas connus dans le dictionnaire. C’est booooooooo ! :)

Et pour la correction en direct, on met le curseur sur le mot sur-ligné et avec le raccourci clavier M-$ (Alt + $ pour les non-Emacsiens), on accède à des propositions de changements possibles qu’il faut sélectionner avec une touche du clavier correspondante.

Chers écrivains ubuntéros, désormais plus d’excuse pour faire des fautes d’orthographe. Par contre, avec les fautes de grammaire, on peut toujours y arrivé. :)

Datetree et org-capture

Voici une petite note qui m’a été chaudement demandée par l’équipe du chan #org-mode-fr sur IRC freenode à propos de l’utilisation de datetree sous org-mode.

Je ne vous l’ai pas encore présenté sur ce blog, mais pour faire court, org-mode est une extension de Emacs (que je ne vous ai pas présenté non plus) pour gérer ses notes, plannings, ToDo lists et bien plus.

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Échelle de l’internaute

Il faut dire que je suis plutôt friand des conférences de Benjamin Bayart. Qui ici ne l’aurait pas remarqué ?
Benjamin Bayart par Lucy WattsDans ses conférences sur les changements sociaux (pour ne pas utiliser le barbarisme de “sociétaux”) qui suivent l’invention d’Internet et son utilisation, Benjamin nous explique les différents stades de l’évolution de l’internaute.

Vous trouverez l’extrait précis sur la partie “Dis maman, c’est quoi un internaute ? ” ici.

Ce que je nomme donc “échelle de l’internaute” ou “échelle Bayart”, ce sont donc ces différentes étapes par lesquelles tout internaute passe pour finir par maîtriser complètement l’outil.
Mais attention, cette maîtrise n’est pas de l’ordre technique, mais de l’ordre de la prise et de la maîtrise de la parole publique.

En effet, Internet ne crée pas que des geeks à force de l’utiliser. Cette génération de bidouilleurs, hackers, programmeurs, … n’existe que parce que les outils ne sont pas encore tous définis et qu’il y aura encore longtemps besoin d’un barbu pour aller ouvrir le capot du serveur pour aller mettre les mains dans le cambouis du programme de publication.
Non, l’internaute, comme le conducteur n’a pas besoin de mettre le nez dans le moteur ou dans le goudron pour utiliser le réseau (internet pour le premier, le réseau routier pour le deuxième).
L’internaute n’a besoin que de savoir s’exprimer, écrire et raisonner pour être lu ou entendu.

L’apprentissage de la conduite sur Internet n’est actuellement fait par personne. Pas l’éducation nationale, pas la formation continue, aucune structure officielle qui soit.
Pour ma part, ce qui a le plus ressemblé à une éducation d’internaute dans mon cursus scolaire, s’est trouvé dans mes années de primaire où on nous demandait d’écrire un “texte libre” chaque semaine où le meilleur de la classe était lu en classe par l’auteur. Ensuite, on a essayé de m’enseigner d’être un peu intelligible dans mon raisonnement avec des idées en philosophie (quelques menues heures dans les quelques menues parties de mon emploi du temps d’ex-futur scientifique/ingénieur). Et enfin, j’ai eu le droit à une brève initiation à la communication lors de mes errances estudiantines.
Tout ça ne fait pas bézef sur toutes les heures passées à user mes fonds de culottes entre la fenêtre et le radiateur à apprendre à être un citoyen internaute. Mais je trouve que je suis plutôt bien loti, puisque j’arrive ici à écrire et à me faire entendre bon an, mal an.

En même temps, je pardonne volontiers les divers ministres de l’éducation d’avant 1995 qui ne pouvaient pas savoir qu’il existerait un moyen qui permettrait à tout citoyen d’utiliser sans aucune obstruction le discours public et de se faire répondre tout aussi librement par le même canal. Je suis juste un peu déçu que pour faire de bons citoyens on ait pas – depuis 200 ans – utilisé comme base la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen comme base. Comme si on avait voulu dans l’éducation nationale faire autre chose que des citoyens. Ce serait vraiment bizarre. On nous aurait menti ?

Pour en revenir au sujet de mon post, cette échelle de l’internaute se compose des barreaux suivants :

  • Acheteur/kikoolol
  • Lecteur
  • Râleur
  • Commentateur
  • Auteur
  • Animateur

Je vous laisse regarder les vidéos courtes ou longues à votre goût pour laisser l’auteur vous exprimer avec ses mots ce qu’il entend sous ces termes.
On est jamais si bien expliqué que par soi même.

Je ne sais pas où vous en êtes, mais je pense que je peux aller de temps à autres aller jusqu’au niveau de l’auteur en postant ici.
J’ai peut être parfois atteint le niveau d’animateur dans mes passages chez Forumactif ou en ce moment chez Framasoft, mais vraiment ponctuellement et loin d’être l’instigateur du réseau.
Il doit me rester quelque part à trouver mon ikigai comme disent les japonais.

En conclusion, après vous avoir présenté cette échelle, je classerai désormais mes posts aussi en fonction de l’échelle Bayart afin que vous puissiez trouver plus facilement ce qui peut vous intéresser chez moi en fonction de vos propres usages.
J’espère assez tôt arriver à utiliser pleinement Internet dans tout ce qu’il peut offrir en échanges culturels entre êtres humains.

Et vous, où en êtes vous ? ;)

Comment mettre à jour org-mode ?

- « Mais qu’est-ce que Org-mode ? »
C’est un mode de Emacs pour gérer vos notes et vos projets.

- « Mais qu’est-ce qu’Emacs ? »
C’est un éditeur de texte très évolutif.

- « Mais un éditeur de texte, c’est comme Word ? »
Non, pas du tout. Word, c’est un traitement de texte. Il met en forme le texte sur une page. Un éditeur de texte, c’est (si on veut comparer uniquement sur l’apparence) ce que les windowsiens appellent notepad ou bloc-note.

Ça n’a comme fonction que de créer des fichiers .txt sans pourvoir changer la police de caractère ou mettre en forme le texte. D’ailleurs, comme pour org-mode, je me dis qu’une note entière ne serait pas de trop pour expliquer tout ça.

- « Et pourquoi as-tu eu besoin de mettre à jour org-mode ? »
Pour pouvoir poster cette note de blog à partir de emacs.

Quand on veut utiliser Emacs pour bloguer, il y a plusieurs modes (extensions) qui peuvent vous y aider. Entre Weblogger-mode, blorg-mode, org-blog et tant d’autres vous avez plus d’un choix soit pour mettre à jour votre plate-forme de blog que vous hébergez vous même ou pour laquelle vous faites appel à un service en ligne, soit pour créer un site implémentable à la manière d’un blog via Emacs. Pour ma part, j’ai choisi org2blog. Il me permet de poster directement depuis org-mode et il s’agit d’un programme de remplissage de plate-forme qui fonctionne avec celle que j’utilise ici : WordPress.com. Le choix de l’extension me semble être la bonne et l’usage futur me dira si c’est réellement le cas. Mais pour pouvoir profiter de cette extension, il me fallait mettre à jour la partie org-mode de mon Emacs23 “livré” par les dépôts Ubuntu. En effet, la version d’org-mode disponible à l’origine est la 6.33 et org2blog ne fonctionne pas avec une version aussi ancienne. J’ai donc dû mettre à jour org-mode.

- « Ah ! Tu vas arriver enfin à dire ce pourquoi tu as fait cette note ! »
Oui, après toutes tes questions, j’y suis enfin arrivé. Mais rassure-toi, tes questions sont tout à fait légitimes, si on veut que tout le monde puisse comprendre de quoi je cause. :)

Pour continuer l’histoire, il faut dire que j’ai eu un problème avec la version téléchargée directement sur le site. J’ai effectivement bien téléchargé l’archive de la version 7.5 de Org-mode, je l’ai bien décompressée dans mon dossier d’extensions, j’ai bien mis à jour mon fichier de paramétrage .emacs mais à chaque fois que je vérifiais si org-mode avait bien été mis à jour, je me retrouvais toujours avec l’ancienne version. J’ai donc dû embêter les gens charmants qui peuplent le canal IRC #org-mode chez freenode (big up to levitta) pour qu’ils me donnent les commandes suivantes.

wget http://orgmode.org/org-7.5.zip
unzip org-7.5.zip
cd org-7.5
./configure
make
sudo make install

Pour être précis, je n’ai pas eu besoin de mettre la commande ./configure qui vérifie qu’il y a bien les dépendances nécessaires à la compilation du programme et crée un “makefile”.
Donc, après l’ingestion de ces lignes de commandes dans le terminal de ma Ubuntu, je me retrouve donc avec un Org-mode tout beau tout neuf et un org2blog que je teste avec ce post.

Post-Partum : Ça marche plutôt bien. Quelques retouches à faire pour parfaire la mise en page et pour placer les quelques liens oubliée sur place. Je sens que je devrai un peu plus poster maintenant. ;)
Merci beaucoup encore à levitta pour m’avoir initié à la commande automagique make. ;)

Plus c’est gros plus ils croient que ça passe.

Il est des journées bizarres.

De nos jours, nous semblons vivre une réelle dichotomie de la
société. D’un côté nous avons les citoyens et de l’autre les
dirigeants. Cette séparation entre la plèbe et les siègeants n’est pas
nouvelle en soi. Que ce soit de l’idée de la lutte des classe ou même de
la différence entre un citoyen grec et un esclave ou un barbare, depuis
que le savoir faire est accompagné du savoir faire-faire, nous assistons à
l’exploitation des créateurs de richesses par les créateurs de marges
financières.
Mais aujourd’hui, ces deux mondes semblent réellement non seulement en
conflict, mais aussi il semble qu’à moyen terme (entre 10 et 20 ans) la
démocratie semblera être non seulement réelle mais aussi globale. Lire la suite

Bidouille, DIY et gratification personnelle

En ces temps de crise (bien qu’on nous en répète que c’est la sortie), on revient vite aux fondamentaux. Mais aujourd’hui, chasser et cueillir ne nourrit plus vraiment son homme et encore moins sa famille quand ça ne vous conduit pas devant les tribunaux pour avoir glané sur un terrain qui a un propriétaire. Quand bien même soyons nous dans une telle panade que nous devions en passer par là que nous ne pourrions plus le faire par manque d’apprentissage. Ce n’est pas pour rien que les démunis meurent en aout non seulement d’insolation mais aussi de mal-nutrition car les personnes qui pallient dans les associations aux manquement élémentaires des divers gouvernements en France et ailleurs partent aussi en vacances en Aout.

Bref, sensibilisé à la mode GNU et par l’ascétisme zen du chômage de longue durée, je me suis rendu compte que nous utilisions et que nous créions de moins en moins pour nous même des éléments de notre environnement de nos propres mains. Les révolutions industrielles et technologiques sont bien passées par là pour aboutir à cette société de consommation si confortable (pour qui peut consommer) qui nous entoure aujourd’hui dans nos démocraties pantouflardes dites développées.

Mais je ne désespère pas de voir les choses revenir à des proportions raisonnables ou simplement humaines par les idées qui courent le long de l’air du temps.
Bien-sûr, nous avons toujours nos intégristes dès qu’une idée ou un mode de fonctionnement peut être formulé ou théorisé.
Les libéraux sont aux manettes en France et détruisent méticuleusement ce que le conseil de la résistance a pu construire dans un pays en ruine pour l’avenir du peuple. C’est une idée comme une autre.
Mais sans aller du côté des décroissants les plus extrêmes, il est notable que le fait main est de retour depuis un petit moment.
Le tricot, le bricolage, les ventes de yahoutières qui décollent, les cours de cuisines qui fleurissent et toutes ces choses qu’on apprend avec les mains sont de plus en plus présentes.
Elles le sont encore bien moins qu’avant les années typiquement fric et chic qu’ont été les 80′s, les années des 30 glorieuses ou même la taylorisation.

Aujourd’hui, donc le Do It Yourself est de retour non seulement comme mode, mais aussi en écho à l’utilisation massive des moyens de communication et de publications actuels. Je ne parlerai pas de nouveaux moyens ou de moyens modernes, Internet est bien trop vieux pour parler encore de nouveauté ou de modernité.
Des nouvelles que je peux récolter sur les différentes personnes que je peux rencontrer personnellement ou virtuellement, il me semble que de plus en plus de personnes font elles-même quelque chose pour elles.

Tout comme elles, j’ai expérimenté que le fait de faire soi-même et réparer apportaient non seulement une conservation de l’utilisation de l’objet, mais en plus une satisfaction personnelle.
J’en suis arrivé à comprendre mon père qui bricolait tant et plus à nous faire des barbecues, des coffres et jusqu’à une deuxième maison pour les vieux jours de sa belle-mère (bon, pas le gros œuvre quand même).

Mais quel que soit le caractère imposant de nos productions, il arrive des mouvements de personnes qui se fédèrent autour de la philosophie qu’à initié le logiciel libre. Ouvrir le code, les spécifications ou les plans d’un outil ou  d’un  objet permettent de l’étudier. De là, nous arrivons vite à la bière libre, à la cuisine libre, aux hackable devices ou jusqu’à inventer l’ordinateur à $100 et ses logiciels qui permettront d’apprendre à tous les enfants les bases d’une éducation minimale (OLPC).
Il existe aussi une communauté internationale des “réparateurs” qui, avec leur manifeste, ont pour crédo ” On peut tout réparer”. Tous ces gens ont eu à bidouiller quelque chose, à la hacker au sens noble du terme.
On en revient finalement à la base de l’apprentissage où pour savoir, il faut expérimenter soi-même et pour comprendre, il faut faire varier un paramètre pour savoir pourquoi il faut telle quantité de tel ingrédient pour qu’il soit agréable dans le mélange.

Cette liberté est de moins en moins autorisée dans la société de consommation, que ce soit par l’obsolescence programmée ou par les conditions de garanties ou d’assurance produit. Il nous est interdit de changer nous même nos batteries d’iPhone ou de signaler à l’ordinateur de bord de nos voiture que nous venons de faire la vidange à la main avec amour. Tous ces petits détails qui font que ce que vous achetez est de moins en moins à vous bien que vous l’ayez payé et ce même cher.

À nous maintenant de réfléchir si nous voulons offrir une part de nous dans un objet que nous avons fait (au moins le dernier assemblage) ou si nous consommons tant et plus pour les autres. Certains ont déjà commencé. (À voir ou )
Pour finir sur une note économique, que croyez-vous qui ait le plus de coûts de production ? Un pull fait par vous (ou toute autre personne qui tricote dans votre entourage) avec un patron qui sera adapté aux mesures prises ou un même pull fait des mêmes matières industriellement en taille unique ?

Apprenons à nouveau à nous servir de nos mains et de nos têtes. ;)

L’avant-goût du paradis

Il existe une description de l’enfer et du paradis qui me parle particulièrement. Je vous fait part d’une version approximative pour vous donner l’image que j’ai en tête.

L’enfer est une table sur laquelle se trouvent les mets les plus fins et les boissons les plus délicieuses qui soient. Autour de cette table se trouvent les personnes qui sont en enfer.
Ces personnes ont un problème. Elles ne peuvent plier ni les épaules, ni les coudes, ni les poignets. Elles se trouvent avec des bras raides devant elles, juste capable d’applaudir.
Alors, frustrées de ne pas pouvoir manger à ce divin festin, elles deviennent aigries. Elles commence à penser que puisqu’elles ne peuvent pas manger, personne ne doit essayer de le faire. Elles se battent donc pour préserver ce qui n’est pas à eux et ainsi renversent inutilement les plats et les cruches. Elles ruinent leur lieu de vie et se blessent les unes les autres sans jamais réussir à manger et souffrent de la faim pour l’éternité.

Le paradis est une table sur laquelle se trouvent les mets les plus fins et les boissons les plus délicieuses qui soient. Autour de cette table se trouvent les personnes qui sont au paradis.
Ces personnes ont un avantage. Elles ne peuvent plier ni les épaules, ni les coudes, ni les poignets. Elles se trouvent avec des bras raides devant elles, juste capable d’applaudir.
Alors, acceptant d’être aidées et d’aider leurs voisins, ces personnes sont les personnes les plus heureuses, car non seulement elles sont repues et éprouvent la joie de découvrir de merveilleux mets, elles sont entourées d’amis qui partagent leur bonheur sans arrière-pensée.

C’est ce paradis que j’ai cru entrevoir en lisant les témoignages laissés par les personnes qui ont trouvé cette page de livre d’or de Framasoft.
On y trouve non seulement les témoignages des personnes françaises, instruites, propriétaire de machines dernier cri qui apprennent à utiliser non seulement leurs outils mais surtout à garder leurs libertés numériques, mais aussi des personnes du monde entier qui sont heureux d’avoir eu la possibilité d’aller chercher un ustensile libre qui leur servira et qui veulent en retour donner un peu du peu qu’ils ont à cet organisme virtuel qui leur a permis d’utiliser parfois des machines de récupération. Bien que les dons internationaux ne soient pas réellement possibles dans les pays en voie de développement, ces personnes nous apportent le moteur de la motivation qui peut nous animer et qui donne le sens à nos actions. L’intention compte parfois bien plus qu’on ne le pense.

Mais rassurez vous si vous faites un don, si vous devenez donateur récurent ou si votre entreprise décide d’être un mécène ou un sponsor de Framasoft, nous vous en serons tout autant reconnaissant. Les preuves d’amour ne sont pas que verbale et Framasoft a toujours besoin de vous et si vous êtes français payant des impôts, vous pourrez en déduire la majeure partie de vos dons. Merci Michel.
Enfin, si vous êtes trop jeunes ou trop peu fortunés pour payer des impôts, Framasoft accepte toute aide dans ses projets qui sont aussi les vôtres. En attendant de faire une gestion claire des projets pour vous permettre de savoir ce qu’il se passe, dans le réseau, n’hésitez pas à passer dans le forum Framagora pour savoir quels sont les derniers projets en cours.
Quelque soit votre aide apportée en intentions, en argent ou en temps, vous savez que le bien que vous faites sera reçu et rendu par des personnes qui auront été touchées de votre geste.

Pour conclure, je vous invite à aller lire une partie ou l’ensemble des témoignages apportés pour vous rendre compte par vous même ce que porte en lui non seulement l’univers Framasoft, mais ce medium d’humanité qu’est Internet et son symbiote qu’est le logiciel libre.
Vous y trouverez des libristes québécois qui prennent tout le travail accompli comme une références, des expatriés dans le territoire de “La Libertad” au Salvador qui regrettent de ne pas avoir de Framasoft hispanique, des ingénieurs qui vous remercient de leur avoir remis les mains dans un environnement de type Unix et de leur avoir retiré leurs menottes informatiques, des associations d’utilisateurs de logiciels libres qui vous place en bible du libre, et toutes ces personnes africaines qui sont tellement frustrées de ne pas pouvoir vous aider à votre tour. Voila ce qui sera pour vous si vous participez même un peu à l’aventure Framasoft.

En ce qui me concerne, pour en avoir fait une synthèse pour l’assemblée générale de l’association, j’ai pris en pleine poire la totalité de ces preuves d’amour, de ce que l’humanité et la coopération humaine peut avoir de meilleur. Alors, cette note de blog est probablement un peu trop rose ou trop “bisounours”, mais vous qui aurez lu quelques pages, vous comprendrez que je peux être en état de choc philanthropique.

De ce cercle vertueux, je vous adresse mes meilleurs vœux de fin d’année à ce monde qui parfois perd le sens de ses priorités. Merci encore à vous.

Ici Framapodcast ! Les libristes parlent aux libristes (et aux autres aussi)

En ces temps de résistance face aux lois et aux accords qui rendront l’usage d’Internet de plus en plus illégal, il m’a semblé bon de vous proposer un projet de liste des radios et télé web qui parlent et diffusent le libre dans les émissions et la musique.
Cette idée m’est venue en complétant les articles de revue de presse des interviews des permanents de Framasoft chez OxyRadio lors des diverses Ubuntu Party. Comme j’écoutais déjà “les enfants du web” animé par Mathieu Pasquini tout en trainant sur le chan IRC d’oxyradio, j’ai lu qu’il existait aussi d’autres émissions sur les logiciels libres. Alors, comme dans le libre, on a plus l’esprit d’entraide que de compétition, je me suis dit que faire un récapitulatif de toutes les initiatives seraient de bonne augure.

J’ai commencé ce projet sur le réseau Framasoft et plus précisément sur le Framawiki dans l’article Framapodcast.
Mais comme je ne connais pas forcément toutes les émissions audio ou vidéo, hertziennes ou de web-diffusion, d’associations dédiées à la diffusion libre ou de GULLs, je fais appel à vous pour palier à mes pauvres recherches qui ne sont allées que sur un fameux moteur de recherche pour trouver ces heureuses initiatives. Je suis quand même arrivé à passer la frontière belge et l’atlantique pour trouver des flux de nos cousins francophones.

Dans l’idéal de ce que j’ai pu imaginer, il s’agirait de créer un fil rss qui relayerait les podcasts des émissions sur le libre sur les lecteurs multimédia préférés du public enthousiaste et affamé d’informations et de réflexions sur le libre et Internet. Avec une agrégation des podcasts des émissions déjà “équipées”, je ne vois pas réellement de problème majeur. Par contre, pour les sites qui n’ont pas de fil rss ou qui n’ont pas d’enregistrement, ce sera un peu plus difficile.
D’ailleurs, la possibilité de converser en direct pas les chans IRC des émissions nous dit qu’il serait aussi utile de faire un agenda des directs et d’indiquer la première diffusion des émissions sans interactivité ou en différé.

J’ai pensé aussi à inclure le mediakit de La Quadrature Du Net, mais celui-ci n’a pas encore de fil rss. A priori, je suis passé par les connexions entre les chan IRC de Framasoft et de LQDN et ils devraient être au courant de l’affaire. Donc, l’affaire se précise pour ce qui est du relai des informations citoyennes.
Mais La Quadrature n’est certainement pas la seule association à avoir un médiakit ou un recueil de ses fichiers destinés à la diffusion. N’hésitez pas à proposer les votres, nous sommes ouverts. ;)

Enfin, pour terminer dans l’esprit Internet, il faudra aussi promulguer l’utilisation de Miro et de sa fonction P2P pour soulager les bandes passantes de ceux que nous pouvons soutenir et écouter. Et oui, Internet, c’est aussi utiliser la partie upload de votre connexion, pas que le download. :)

Voila ! Une belle aventure qui me semble utile et pas réellement compliquée débute ici et surtout là-bas.

Merci d’avance à vous de ma part et je suppose aussi de ceux à qui vous allez faire gagner des auditeurs et des téléspectateurs.